Yves Cochet exagère-t-il ?

Yves Cochet est ancien ministre de l’environnement. Il est aujourd’hui président de l’Institut Momentum, collectif qui étudie les risques d’effondrement de notre société.

J’ai entendu plusieurs fois dans l’entourage proche que Yves Cochet était “extrémiste”, “dangereux”, “qu’il fallait s’en méfier”. L’intéressé au contraire répète plusieurs fois lors de ces conférences (par exemple celle-ci) qu’il est au contraire très prudent et modéré.

De quoi parle Yves Cochet ? Sa définition de l’effondrement est repris dans de nombreux ouvrages sur le sujet. “L’incapacité pour un état à fournir les services de bases (eau, nourriture, santé) à une majorité de la population”.

S’appuyant sur des faits scientifiques établis (dépendances aux énergies fossiles, réchauffement exponentielle, 6ème extinction), Yves Cochet prédit le pire, pour les pays riches, à brève échéance.

Est-ce que ça va nous “tomber dessus” dans les pays riche à brève échéance ? C’est déjà le cas pour une partie de la population (on pense au “succès” grandissant des restos du cœur), mais pas encore pour une majorité.

Il vulgarise et communique sur la possibilité d’un effondrement. Comme beaucoup d’autres il ne fait que s’appuyer synthétiser et relayer des faits déjà largement connus et établis par des faits scientifiquement établis par des comités. Étant donné la litanie de mauvaises nouvelles émis par les comités scientifiques et l’enchaînement des catastrophes qui leur donnent raison, on ne peut pas vraiment reprocher à M. Cochet d’être millénariste ou illuminé. Seule ses incantations sur les dates à venir peuvent prêter flanc à la critique, même si il donne souvent une fourchette large.

A mon sens la seule question qui reste ouverte reste celle du décrochage brutal ou de la simple descente “en escalier”, par à coup, un peu plus douce. Pour que la fameuse descente n’aie jamais lieu, il faudrait trouver une source d’énergie infinie, ainsi que des puits de carbone infinis, et au passage quelques planètes en plus pour sauvegarder ce qui reste de biodiversité. Rien de physiquement réel ne peut empêcher la descente qui a déjà été entamé dans les faits depuis 2007 (la production industrielle décline depuis).

Lorsqu’il était député, il avait annoncé dans l’hémicycle, aux alentours des années 2000, que la croissance allait bientôt disparaître en France. En retour, il n’avait obtenu qu’un concert de ricanements.

Qui peut aujourd’hui croire une seule seconde que la croissance (au sens du PIB) va revenir, après 10 ans de crise jamais résorbée, à peine masquée à grand renfort de dette privée et publique ?

Un peu comme Greta Thunberg, les “anti” ont tendance à pointer du doigt le messager, sans s’occuper du message de fond.

Vu la situation, il n’est plus temps de pointer ni Yves Cochet ni quiconque du doigt.

Il faut regarder les chiffres en face, même si cela semble brutal.

Il est temps d’agir.

Laisser un commentaire