La reine rouge

[Alice] « On arriverait généralement à un autre endroit si on courait très vite pendant longtemps, comme nous venons de le faire. » [La reine répondit] « Ici, vois-tu, on est obligé de courir tant qu’on peut pour rester au même endroit. Si on veut aller ailleurs, il faut courir au moins deux fois plus vite que ça ! »

Lewis Carroll, à travers le miroir, chapitre 2

L’hypothèse de la reine rouge fait référence à un passage du deuxième livre (le moins connu) d’Alice au pays des merveille.

Pour rester sur place, on est obligé de courir.

Sur wikipédia, l’hypothèse de la reine rouge s’applique à la biologie, mais on pourrait très bien utiliser cette métaphore pour notre économie.

Les exemples les plus flagrants sont Apple ou Microsoft, obligés d’innover constamment, juste pour maintenir leur niveau d’activité.

Maintenant imaginons que vous soyez un très bon menuisier, et que vous construisiez des poulaillers de très bonne qualité pour les particuliers. La petite entreprise marche fort. Quelques mois plus tard, il faut embaucher. Puis la demande augmente, la concurrence arrive, pour “tenir bon”, il faut monter en gamme, se diversifier. Encore un an plus tard, juste pour ne pas se faire rattraper, il faut penser à faire un bon site internet, vendre à l’international. Et cetera. La course ne s’arrête jamais.

Dans un monde hélas fini, les élites doivent construire une économie qui ne dépendent plus d’une accélération perpétuelle. Car même le menuisier dépend de ressource plus ou moins finies : le bois, si il n’est pas trop vite exploité, et les transports, fortement carbonés, pour livrer les commandes. Sans compter toute la quincaillerie, faite de métaux plus ou moins précieux – dont l’acheminement dépend également des énergies fossiles.

L’économie est donc une course. Est-ce bien ou mal ? c’est une question philosophique.

Mais si il n’y a plus de terrain, on ne peut plus courir. Cessons donc de philosopher et agissons tout de suite.

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